Anesthésie en chirurgie esthétique et plastique à l’IECEP

Au décours de la consultation avec le chirurgien plasticien, ce dernier adressera les patients à la consultation d’anesthésie (hormis si une anesthésie locale pure est décidée) afin d’établir la prise en charge anesthésique optimale en fonction du type de chirurgie, du choix du chirurgien et du patient et en fonction de l’état de santé du patient.

 

Excepté en cas d’urgence, le patient doit voir en consultation l’anesthésiste au maximum 3 mois avant et au minimum 48 heures avant l’intervention. L’anesthésiste effectuera une visite pré-anesthésique le matin de la chirurgie afin de s’assurer qu’il n’y a pas eu d’évolution depuis la consultation. 

Le rôle de l'anesthésie et de l’anesthésiste en chirurgie

L’anesthésie a pour objectif de supprimer la sensation de douleur peropératoire et d’empêcher toute mémorisation de l’acte chirurgical.

 

L’utilisation de médicaments de courte durée d’action permet de limiter la durée de l’anesthésie à celle de la chirurgie avec un réveil postopératoire immédiat dès l’arrivée en salle de réveil.

 

Le confort et la sécurité du patient, qui sont les objectifs principaux de l’anesthésie peropératoire améliorent le confort du chirurgien et permettent ainsi d’optimiser le geste opératoire.

 

Les produits anesthésiants peuvent être administrés par voie respiratoire ou injectés par voie intraveineuse ou sous cutanée. En fonction du mode d’administration et du type de produit, les effets seront différents et plus ou moins prolongés, ainsi l’anesthésiste gèrera la période peropératoire et postopératoire en fonction de ces différents éléments.

 

La prise en charge de la douleur postopératoire sera anticipée dès le peropératoire et l’anesthésiste s’assurera de la persistance d’une analgésie optimale pendant toute la durée d’hospitalisation.

 

L’anesthésiste prend en charge le patient de façon globale pendant toute la période périopératoire c’est à dire avant (consultation et visite pré-anesthésique) pendant (intervention chirurgicale) et après l’anesthésie (salle de réveil et hospitalisation).

La consultation d’anesthésie

Au cours de cette consultation, l’anesthésiste établira un dossier d’anesthésie, qui est un document médico légal. Sur ce dossier seront stipulés les données civiles du patient, la date et le type d’intervention ainsi que le nom du chirurgien et de l’anesthésiste responsables du patient ; les antécédents médicaux, chirurgicaux, anesthésiques, familiaux et allergiques seront répertoriés ; par ailleurs, un examen clinique sera effectué et les résultats seront notifiés sur ce même dossier, tout comme les résultats d’éventuels examens biologiques, radiologiques etc… qui pourront vous être demandés. Les traitements habituels et les addictions éventuelles seront aussi stipulés. L’interrogatoire ainsi que l’examen clinique réalisés lors de cette consultation ont pour objectif de détecter une pathologie ou un trouble organique inconnu qui contre indiquerait ou nécessiterait de repousser l’intervention. Au décours de cette consultation, l’anesthésiste vous remettra une liste d’examens complémentaires à réalisés avant l’intervention si cela est nécessaire (par exemple : bilan sanguin, électrocardiogramme, consultation cardiologique …).

 

L’ensemble de ce dossier permettra au médecin anesthésiste d’optimiser votre prise en charge au cours de l’intervention en choisissant et en excluant si besoin certains produits pour assurer votre sécurité.

 

Par ailleurs, il vous remettra les ordonnances nécessaires pour vous procurer avant l’intervention les médicaments qui vous seront nécessaires en postopératoire, ainsi vous serez en possession de tous vos traitements à votre sortie.

Si aucune contre-indication n'empêche l'intervention, c’est au décours de cette consultation que le choix du type d’anesthésie sera fait. Ce peut être une anesthésie locale, une anesthésie locale assistée (association d’une anesthésie locale et d’une sédation), ou bien une anesthésie générale.

 

Le jour de l’intervention, l’anesthésiste vérifiera avec le patient la validité des informations recueillies lors de la consultation, l’absence de modification depuis la consultation et l’ensemble des examens complémentaires demandés. C’est l’objectif de la visite pré-anesthésique. 

Les différents types d’anesthésie pratiqués à l’IECEP

L'anesthésie locale

Dans la plupart des cas, la décision de faire une anesthésie locale est prise par le chirurgien lors de la consultation et dans ce cas aucune consultation d’anesthésie n’est nécessaire. Cependant, il peut arriver que cette décision soit prise en aval de la consultation d’anesthésie, eu égard, par exemple, aux antécédents d’un patient. Si le choix s'arrête sur une anesthésie locale, le patient n'est pas endormi. Le chirurgien insensibilisera la zone à opérer en injectant sous la peau un anesthésique local de courte et/ou de longue durée d’action en fonction des cas (xylocaïne® et/ou naropéïne ®) auquel il pourra associer ou non de l’adrénaline pour prolonger l’effet des anesthésiques locaux et diminuer le saignement local. En fonction de l’anesthésique local choisi la durée de l’insensibilisation sera de 2 à 8 h. Plusieurs interventions peuvent être faites sous anesthésie locale (hyménoplastie, ablation de lésions cutanées, mini lipoaspiration, otoplastie etc…).

L’anesthésie locale assistée

Aujourd'hui, certains actes de chirurgie esthétique peuvent être réalisés sous anesthésie locale assistée (blépharoplastie, lifting, hyménoplastie, otoplastie …). L’objectif est d’induire une perte de conscience et une analgésie suffisantes afin de ne pas mémoriser l’acte chirurgical et de ne pas souffrir, tout en maintenant une respiration spontanée, sans aucun attribut, hormis, si nécessaire, une sonde d’oxygène nasale. Le patient peut répondre à des ordres simples sans ressentir la moindre douleur. Les produits utilisés sont des hypnotiques associés à un analgésique de type morphinique administrés par voie intraveineuse en plus de l’anesthésie locale injectée par voie sous cutanée par le chirurgien.

L'anesthésie générale

L'anesthésie générale associe deux ou trois types de produits en fonction des cas :

  • 1/ un ou des hypnotiques qui permettent une perte de conscience (sorte de sommeil profond) permettant de ne pas mémoriser l’acte chirurgical, et qui peuvent pour certains permettre de limiter la douleur per et post opératoires (anti hyperalgésiques).
  • 2/ un analgésique morphinique  qui permet d’éviter toute douleur peropératoire.
  • 3/ un curare dans de rares cas, pour l’intubation oro ou naso trachéale ou pour induire un relâchement musculaire complet si l’acte chirurgical le nécessite.

 

L’association de ces différentes classes médicamenteuses induit en plus de l’amnésie peropératoire (pas de mémorisation) et de l’analgésie (pas de douleur) une perte d’autonomie respiratoire ; de ce fait une assistance respiratoire est requise pendant toute la durée de l’intervention. Pour ce faire, il est nécessaire d’insérer soit un masque laryngé soit une sonde d’intubation oro ou naso-trachéale dans les voies aériennes. Un respirateur qui correspond à un poumon artificiel est relié à ce masque ou à cette sonde pendant tout le geste chirurgical et vous permet de respirer.

Les produits nécessaires à induire une anesthésie générale sont injectés par voie intraveineuse ou administés par voie respiratoire.
 

Pendant toute l’intervention qu’il s’agisse d’une anesthésie générale ou d’une anesthésie locale assistée, vous serez reliés à des éléments de surveillance :

  • L'oxygénation du sang est surveillée par un oxymètre de pouls qui se positionne sur le doigt ;
  • Le rythme cardiaque est analysé par des électrodes posées sur le thorax ;
  • La tension est régulièrement et automatiquement contrôlée par un brassard positionné sur votre bras ;
  • La respiration est analysée en continue afin de régler le ventilateur en fonction de chaque patient. 

La salle de réveil

Au décours d’une intervention, qu’elle soit réalisée sous anesthésie générale ou sous anesthésie locale assistée, le patient est pris en charge dans la salle de réveil, qui se trouve entre les deux salle d’intervention de la clinique. Ce séjour permet de maintenir la surveillance des patients de façon identique à celle du bloc opératoire avant de retourner dans la chambre d’hospitalisation ou dans le box prévu pour la chirurgie ambulatoire. Durant cette période l’anesthésiste s’assurera de la récupération ad integrum de l’état de conscience et de la fonction respiratoire du patient. Par ailleurs cette surveillance rapprochée permet d’anticiper et de prendre en charge très rapidement une douleur et/ou l’apparition de nausées éventuelles. La surveillance sera prolongée tant que nécessaire et la sortie du patient de la salle de réveil aura lieu après accord de l’anesthésiste. 

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